Cent cafés philo mais aussi combien de bœufs musicaux, combien de concerts, combien de discussions et de rencontres ? Je ne les compte plus. Le Guibra (www.leguibra.fr, payes-y ton coup !), comme café du village, c’est un lieu social, un lieu commun, un lieu de partage et de rencontre, un lieu libre et coopératif, social et solidaire : je suis attaché à ces valeurs.
Un café, c’est donc aussi un lieu de philo : Marc Sautet l’a démontré par le fait il y a 34 ans, Socrate, il y a 2 500 ans. L’agora, l’espace public, ce lieu est aussi précieux que l’espace privé, l’un ne va pas sans l’autre. Et tous les crétins qui les opposent sont des crétins : l’être humain a besoin d’un espace privé pour tenter, réfléchir, s’essayer, rater, être illuminé, avoir honte, lire, écouter, créer et prendre son temps. L’être humain a besoin de l’espace public pour tenter, réfléchir avec les autres, s’essayer à exister, rater avec bienveillance, avoir des illuminations construites collectivement, s’éduquer et prendre du temps. Le café philo nous permet d’écouter (se forcer à écouter), de tenter (oser tenter), de s’individualiser en collectif : je me construit avec l’autre,
Quel chance me permet l’autre d’être lui-même,
disait en substance Albert Jacquard. Mais il y aussi le fonds et le pourquoi du café philo (Un café pour Socrate, Marc Sautet, 1995) :
Épreuve pour le philosophe, ce débat au café est un test pour la philosophie. C’est une situation expérimentale qui permet de savoir si la philosophie sert à ce qu’elle prétend.
Ce qui est en jeu est simple, précis, mais capital : il s’agit de savoir s’il faut encore, ou s’il ne faut plus, faire confiance à la raison. S’il faut encore, ou s’il ne faut plus, miser sur la démocratie.
Merci aux habitué·es du café philo, les piliers de ma constance ; merci à celles et ceux de passage, oiseaux croisés ; merci aux légos, aux objets et aux pieds sur terre ; merci à toutes celles et ceux qui m’ont formé aux idéaux sur lesquels reposent le café philo.