Café-philo, Politique

ACPh 41, dans le cadre du
Festival des libertés numériques 2018

Quel isthme inventer entre humanisme et « numérisme » ?

Nous l’avons vu (http://rechampir.net/tag/humanisme_numerique/), le numérique offre des outils d’une grande puissance aux projets humanistes :

  • la communication et l’échange permis en temps réel donne corps à une communauté mondiale des idées et des débats. Les informations circulent vite, les mobilisations citoyennes sont rapides ;
  • la connaissance se bâtit et se diffuse à moindre cout, avec, sans ou malgré les académismes ;
  • l’émancipation individuelle ou de groupe est facilitée, ainsi qu’une certaine conscience mondiale ;
  • les automates et les algorithmes peuvent prendre en charge des régulations difficiles et éclairer des choix sociétaux innovants.

Mais l’irruption du numérique fait également craindre pour certaines valeurs héritées de l’humanisme :

  • la responsabilité déléguée à des automates et à des algorithmes questionne notre propre faculté de choix : c’est notre libre arbitre qui nous semble être remise en cause, ainsi que d’autres de nos libertés ;
  • le monde du numérique est essentiellement un monde d’écriture : à la fois de la mémoire, de nos gestes et expressions et, surtout, de nouvelles lois qui dirigent les machines. Or nous sentons bien que si les lois s’écrivent, il n’en va pas de même pour la morale : peut-on calculer la vie et le bonheur ? L’homme est-il vraiment un objet parmi les autres ?
  • le numérique et sa gigantesque réalité de données, dont nous faisons partie, nous renvoient à notre médiocrité individuelle, à une dystopie de fourmis où la loi du grand nombre s’imposerait à notre individualité.

Visant comme but une société de « l’honnête homme », l’humanisme fondait la société sur la faiblesse humaine. Or, devant l’écriture numérique du monde, nous avons

l’inévitable impression de dégradation et [de] mécanisation de tout ce que l’on considérait comme proprement humain [P. Watzlawick].

À moins qu’il faille inventer une société d’humains augmentés ?

Cela tourne les têtes ! Mais il va bien falloir trouver un chemin dans les idées, alors :

Quel isthme inventer entre humanisme et « numérisme » ?

 

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